• Il y a presque 10 ans je découvrais Facebook. Je venais de déménager, je me retrouvais seule en région parisienne, sans famille, sans amis, sans travail, juste mon copain et moi. Je sortais d'une situation qui me convenait à tous les niveaux, j'étais entourée, aimée, j'avais une passion, mon entrée dans la vie adulte s'annonçait bien jusqu'à cette fameuse mutation.

    J'avais 19 ans, j'étais encore un bébé au fond de moi. Même si j'avais toujours été la grande soeur responsable, cette nouvelle vie m'effrayait, je cumulais des sentiments comme la tristesse, le manque, la frustration, la colère et parfois même la haine d'avoir été arrachée à mon quotidien. J'enviais mes amies restées dans le sud. Je jalousais mes soeurs qui était restées avec mes parents, je ressentais un vide qui m'arrachait le coeur à mesure que défilaient les statuts ou les photos sur mon fil d'actualité. Je voyais mon entourage poursuivre sa vie, sans moi.

    Facebook s'est avéré être une drogue dure dès le départ. J'y déversais toutes mes émotions, sans filtre. Je m'apitoyais sur mon sort, guettant les messages de réconfort qui tardaient de plus en plus à arriver. C'était devenu mon exutoire, je scrutais les sourires, les événements joyeux, et me lamentais pour compenser. Mes parents ont très vite été sur ce réseau. Ils jouaient leur rôle de parent aimant, en likant et commentant toute interaction sur la plateforme. A l'époque je ne mesurais pas à quel point ça m'étais nécessaire. Pour moi, c'était juste normal.

    La course aux likes a fini par pointer son nez. Comment donner l'illusion d'une vie envieuse, d'un quotidien épanouissant ? J'étais si pitoyable. Et puis en commençant à ajouter des collègues en amis, des filtres sont apparus. Je n'osais plus me dévoiler autant, ils ne faisaient pas partie de mon cercle proche. 

    Un évènement bouleversant de ma vie m'a fait de plus en plus réfléchir à la limite entre réseau social et journal intime. J'avais besoin d'écrire. Besoin d'exprimer à quel point j'étais malheureuse. Et je me suis rendu compte que Facebook n'était qu'une vitrine de ma vie. Tant que mes messages étaient bienveillants, joyeux, que je partageais mes aventures, il s'avérait être un formidable allié. Mais pour les sujets sérieux, on perd rapidement beaucoup de monde. J'étais outrée de constater qu'untel ou untel ne commentait pas, ne réagissait pas à mes statuts. 

    J'ai fini par décrocher, blasée par l'algorithme, blasée que mon entourage plus ou moins proche ne me saisisse plus comme avant. Et puis ce gros manque. Impossible à combler.

    Finalement, c'est un mal pour un bien, à un moment donné j'avais besoin de comprendre que ressasser de la négativité ne m'apporterait jamais du positif. Mon ego en aura pris un coup, mais cela m'aura permis d'évoluer, ce qui ne me fait pas de mal !

    En septembre, cela fera 10 ans que j'ai rejoint cette plateforme. Ce pourrait bien être ma dernière année. Facebook m'aura accompagné dans ma construction, puis ma reconstruction, il est temps de passer à autre chose et vivre dans le monde réel :)

    Je ne dis pas que je ne m'en servirais plus, mais clairement ce n'est plus là que j'ai envie d'étaler ma vie.

    Facebook, son addiction, sa désillusion.

     


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  • J'ai souvent entendu dire que notre esprit est conditionné afin de ne retenir que le meilleur. J'avoue que je n'y croyais qu'à moitié. Et pourtant.

    Pourtant quand je pense à des amies d'une époque, qui ne sont plus que des connaissances, ou pour lesquelles je n'ai plus envie d'avoir à faire, les premiers souvenirs qui me reviennent sont les bons. Je me souviens de nos rires, nos partages, je garde de cette relation ce qu'il y a eu de plus épanouissant.

    Quand je repense à mon road-trip au Canada, je le visualise comme une grande aventure enrichissante, des découvertes en continu, de belles rencontres, et j'occulte tout ce qui m'a donné du fil à retordre. Quand mon copain me rappelle à quel point j'ai râlé que mon sac était lourd, que j'avais mal au dos, chaud, faim, fatiguée, que le AirBnb était nul, ou que le temps était pourri. Je souris, car même si ça s'est vraiment passé, ce n'est pas ce qui représente le plus mon voyage. 

    Quand je me remémore le week-end avec mes soeurs à Londres, je me souviens très bien qu'on est toutes rentrées chez nous un peu blasées, un peu fatiguées aussi sûrement. Même si on a trop fait les magasins à mon goût, qu'on a trop marché à s'en donner mal au dos, qu'on a galéré comme pas permis dans le métro et que je n'ai rien mangé de satisfaisant là bas, moi je sais surtout qu'on a ri tellement de fois que je ne me souviens pas de tout, et je rempile avec elles à la première occasion ! 

    Les expériences forgent les souvenirs, bons ou mauvais. Nos galères d'hier sont nos rires de demain.

    Cet article sort du chapeau, écrit d'une traite, pas envie d'y passer trop de temps :)

     

    Ne garder que le meilleur.                   Ne garder que le meilleur.

     


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  • ... et toutes les histoires qui en ont découlé, m'amenant à reconsidérer leur individualité.

    Il y a bientôt 5 ans, je partais en vacances en confiant ma mini-plante à mes collègues. C'était les cadeaux aléatoires à 5€ qu'on se fait au boulot à Noël, et le hasard avait bien fait les choses. J'avais pris cette mission très à coeur en recevant ce petit pot avec une unique graine à planter made in "Nature & Découvertes", et dont j'ai pris soin pendant plusieurs mois. Je ne sais plus à quoi c'était censé ressembler, mais au bureau, on l'appelait affectueusement "le brin de basilic". Il était tout frêle, et les deux semaines sans eau que lui ont infligé les fameuses collègues ont eu raison de lui. Je suis rentrée de vacances surprise devant ce qu'il en restait et de la promesse en l'air qu'on m'avait fait. A l'époque je n'avais pas insisté de peur d'être ridicule, mais mon dépit n'était pas passé inaperçu et, le jour même, un commercial était allé me chercher chez le fleuriste du coin une superbe orchidée. Ca n'a jamais été mon type de plante, mais j'en suis malgré tout restée bouche bée, j'étais gênée de cet élan de générosité, et je me suis promis d'en prendre le plus grand soin.

    2 mois après, mon équipe m'offrait un magnifique bonsaï pour me remercier de mon implication professionnelle. Très touchée, il a pris sa place à côté de mon orchidée qui, elle, avait déjà perdu toutes ses fleurs. 

    Arrivées à un moment de ma vie ou je me sentais très seule, elles sont vite devenues mes bébés.

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      Le regretté "Basilic"                                                                                           Jolie orchidée...                                                                                     ...rejointe très vite par le bonsaï

     

    Malheureusement, quelques semaines plus tard, la luminosité douteuse de mon open space et le climat électrique entre deux de mes collègues n'ont pas réussi au bonsaï, il perdait plusieurs feuilles par jour, mais à l'époque je n'avais aucune idée de ce qui se passait... Il a fini tout déplumé, et la chute a stoppé lorsque j'ai changé de bureau. La lumière était optimale et l'ambiance libératrice. Entre temps, mon orchidée avait perdu ses fleurs, et tout bon connaisseur d'orchidée sait à quel point elles ont grise mine lorsqu'il ne leur reste que leurs tiges. Le PDG en avait presque fait un scandale car "cette plante morte donne une très mauvaise image du bureau au regard des clients qui passent, fous la à la poubelle !". Ne pouvant/voulant pas la ramener du fait d'un appartement mal exposé et quasi en permanence dans la pénombre (boulot de nuit donc dodo de jour pour mon conjoint de l'époque), l'issue entre la poubelle et chez moi était sensiblement la même... Alors pendant plusieurs mois je l'ai cachée, en attendant qu'elle soit assez "présentable" pour avoir le droit d'être sur mon bureau. En plus de ça j'avais eu l'affront de retirer le cache pot pour que les racines profitent de la lumière; "Mais c'est moche ! Remets lui son cache pot !!".

    Même si mon bonsaï avait cessé de perdre ses feuilles, il n'avait pas fière allure, et je m'étais résolue à couper quelques branches pour atténuer cet aspect "nu". L'orchidée elle, a vite repris du poil de la bête et a pris sa revanche en m'offrant de nouvelles fleurs sur une tiges et des keikis ("clones d'orchidée") sur les deux autres tiges ! Sous les conseils d'une amie fleuriste, j'ai attendu qu'ils soient assez robustes et les ai séparés de l'orchidée mère pour les planter tout seuls. L'un des deux a pris très vite et a même fleuri avant de mourrir. Mais à l'époque j'avais un peu la tête ailleurs et n'avais pas pris assez soin d'eux.

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                              Un des keikis                                                                                                Mise en terre                                                                                                    Et floraison <3   

    Elle a continué à refleurir régulièrement, clouant le bec à mon patron sur sa présumée mort des mois auparavant.

    J'ai traversé des événements très difficiles, et c'est mon arrivée dans le sud il y a un an et demi qui a été révélatrice. Je me suis décidée à rempoter mon orchidée, nouveau pot, nouveau terreau, ce qui lui a valu une bonne dizaine de nouvelles racines et de nouvelles tiges <3. Le bonsaï lui, a commencé à me refaire enfin des feuilles. J'avais fini par me résoudre à son aspect un peu décharné, mais c'est comme si, comme moi, il était sorti d'une longue apnée et se permettait enfin de s'exprimer. 

    Les plantes nous ressentent. Je m'en doutais. A partir de ce moment je n'en avais plus aucun doute.

    Le dernier évènement marquant est venu de mon orchidée. L'été dernier j'ai à nouveau déménagé, et mon copain l'a laissée derrière une fenêtre dans la véranda. Ca n'a pas manqué, en quelques heures l'une de ses feuilles avait brûlé, et voyant que ça se répandant sur toute la longueur, risquant d'atteindre le "tronc", je l'ai coupée à contre coeur. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'en avais les larmes aux yeux, mais j'étais sincèrement très mal et me sentait vraiment coupable. Et pourtant, devinez qui a compensé cette coupure quelques jours à peine après ? :) Cette mini pousse qui n'était pas du tout dans le timing classique venait, à la fois remplacer sa soeur amputée, et m'offrait comme un signal que tout irait bien. Je me souviens de mon émotion en voyant ça comme si c'était hier...

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    Ma position sur le monde végétal 

    Je me souviens de ce jour ou je me suis dis "elle me regarde".

     

    J'entretiens depuis une relation bien particulière avec elles deux. Elles m'accompagnent depuis bientôt 5 ans. Elles ont partagé de nombreuses étapes de ma vie, et je suis convaincue qu'elles évoluent en fonction de mes émotions.

    Dernièrement c'est un avocatier qui a rejoint la bande. J'ai souhaité faire germer des noyaux en octobre dernier, sur les 3, seul le premier m'a permis de le mettre en terre après des semaines aux petits soins. Malheureusement, mal informée, je l'ai laissé pousser trop haut, et l'ai trop arrosé. Les vaillantes feuilles commençait à perdre en vigueur, je le voyais. J'ai fini par remplacer la moitié du terreau humide par du sec, n'osant pas déterrer le noyau complètement car les racines étaient devenues très fragiles et restaient accrochées dans la terre mouillée... Et j'ai coupé. Sec. J'ai mis deux jours et poussée par des commentaires encourageants sur un groupe FB, j'ai coupé. Il ne fallait pas que la tige dépasse 30cm pour se fortifier par la suite, et la mienne faisait plus du double... Pas un jour n'est passé sans que je l'ausculte depuis sa coupe, l'encourageant à rester en vie, et à créer les fameux bourgeons pour que tout reparte. 

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    La suite à suivre... :)

    Cette introduction peut-être un peu longue et pompeuse pour vous me semblait nécessaire pour poser les bases. Pour comprendre pourquoi je tiens tant à elles, et pourquoi je les considère (ne me prenez pas pour une folle...), au même niveau qu'un animal de compagnie. Il faudrait juste que je me stoppe un peu avant d'avoir une vraie maison et des voisins enclins à s'en occuper pendant mes nombreuses vadrouilles, car avec 3 gros pots et un chat à l'arrière, il ne reste plus beaucoup de place pour les bagages :D

    Au mois d'avril je participe à une projection-conférence-débat concernant l'intelligence des arbres. Ce sujet me parle et me passionne, il me tarde !

     

     


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  • La liste des objectifs, petits ou grands que j'aimerais accomplir cette année :

     

    - Savoir siffler. Eh oui, du haut de mes 29 ans je ne sais pas siffler, du moins en soufflant. Je sais siffler le temps d'une inspiration, mais je rêve de pouvoir siffloter une chanson comme tout le monde, du coup j'y bosse depuis quelques semaines, et mine de rien je progresse ! (bon, c'est clairement ridicule, mais il faut bien commencer !)

    - Me préparer pour un Triathlon "Sprint", oui alors ça c'est un peu ma lubie du moment, à voir ce qu'elle donnera, mais aimant nager, et assez le vélo, je me suis dis que j'aimerais réussir un jour à réaliser un ensemble de sports assez complets, et le triathlon semble pas mal. La catégorie "Sprint" est celle qui pourrait le mieux me correspondre : 750m de natation, 10km de vélo, et 5km de course. Individuellement, je suis capable de tout ça. Maintenant il faut voir ce que ça donne à la suite ahah. Je ne me mets pas de pression, disons juste que cette année j'aimerais me concentrer sur ces 3 domaines pour un jour pouvoir plier un triathlon !

    - Perfectionner mon anglais, mais aussi apprendre l'italien. Mon passage en Italie en février dernier a été une petite révélation. J'ai adoré apprendre quelques mots, qui ont fait écho en moi, je me suis souvenue que ma grand mère paternelle me disait souvent quelques mots en italien, et j'ai trouvé cet apprentissage réconfortant. J'ai étudié l'espagnol au collège, je n'en garde quasi rien, et même si c'est plus "logique" d'apprendre l'espagnol de part la proportion dans le monde qui parle cette langue, je me sens bien plus proche de l'italien. Surement car c'est dans mes gènes. A voir :) 

    - Les cheveux en bas du dos. Pourquoi ? Car j'adore les cheveux longs, et que c'est un peu ma longueur référence. Pour ça, il faudra que j'en prenne bien soin, pas évident avec la piscine 2 fois par semaine, mais j'y arriverais. Et aussi car la prochaine étape me permettra d'obtenir ce que j'attends depuis des années; la promesse que mon copain m'a fait quand on s'est rencontré (et que j'avais les cheveux au carré) : il s'en occupera lui même quand il seront encore plus longs. J'attends de voir :)

    - Garder en vie Yoda. Qui est Yoda ? C'est mon tout jeune avocatier <3 J'ai pu le mettre en terre après plusieurs mois le noyau dans l'eau, j'ai failli le tuer en le noyant dès le début dans son pot, j'ai dû me résoudre à couper sa tige bien trop grande et fragile, mais qui comportait TOUTES les feuilles :( Un mois après, il me fait deux nouveaux bourgeons très prometteurs, je suis comblée !

     - Terminer d'aménager/décorer mon appartement. Je n'en peux plus de cet aspect fini-pas-fini. En soit il est largement habitable, et décoré de façon très minimaliste, mais il manque des choses qui me tiennent à coeur. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, car ça fait des mois que je me retourne le cerveau sans trouver ce que je veux exactement, mais j'espère juste m'en être dépêtrée à la fin de l'année !

    C'est déjà pas mal comme objectifs, et je vais éviter de m'en donner trop, afin de me concentrer sur ceux qui qui me tiennent à coeur.

    Bien sûr, je pourrais ajouter : garder contact avec mon entourage, trouver plus de temps pour m'occuper de mon chat et aller voir mon poney, cuisiner plus souvent, m'intéresser à des tas de domaines qui me passionnent rien qu'à leurs prémices, tenir ce blog, prendre soin de ma santé etc. Mais tout ça, devrait être la normalité, et pas des objectifs à atteindre. Je ne les perds pas de vue, mais je ne leur donne ce statut "à atteindre", car je l'atteindrais dans tous les cas. Promis.

     

    Objectifs 2018


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  • Amatrice de blogs il y a quelques années déjà, cela fait bien 5 ans que je les ai délaissés au profit de Facebook.

    Seulement voilà, je ressens à nouveau le besoin de m'exprimer de façon "presque" anonyme, ou en tout cas pas à la vue de mes collègues ou vieilles connaissances avec lesquelles je n'ai pas envie de partager mon quotidien, mes pensées, mes idées, mes envies.

    J'ai une vague idée de ce que ce blog comportera, sur quels sujets je m'attarderais, mais clairement, rien n'est défini, et je vais me laisser porter tranquillement pour ce nouveau départ :)

    Si je devais me présenter en quelques mots, je m'appelle Coralie, j'ai 29 ans et je vis dans le sud de la France.

    Je suis vegan, j'adore les plantes, recevoir des cartes postales, le beau temps associé au printemps, jouer à cache-cache avec mon chat et l'avocat écrasé sur un toast.

    Je déteste le vent, les plats kipik, je n'aime quasiment aucun alcool à part le Pastis, hais profondément les bruits de bouche et les cheveux électriques. 

    C'est reparti.

     

     

     


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